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A voir : à Paris, Pas à Pas, la Chaussure Sous Tous les Angles

Encore une fois, après  Vestologie et Sac, sac,sac : More Than a Bag, le Printemps Haussmann nous propose une brillante exposition consacrée à la chaussure et à tout ce qu’elle peut raconter du corps, de la mode, des usages et de la société.
Tout y est : documentation poussée, présentation recherchée malgré la difficulté du sujet, humour et originalité (on a même un "studio" de bruitage), quantité énorme de prêts de chaussures et 11 sections où les celles-ci ne sont pas bêtement présentées de manière chronologique mais par source d'inspiration ce qui nous amène à un vrai sujet de réflexion.
Bref, c'est un vrai coup de coeur !
 
- Les onze sections sont :
PASSAGE
ÉVOLUTIONS
FÉTICHE
PERFORMANCE
FORMES
EMPREINTES
RÉSONANCE
PARURE
TRANSPARENCE
FIGURATION
ÉBAUCHE
FÉTICHE
 
 
Plus de 200 modèles historiques et contemporains sont réunis sous la coupole Wybo, dans un parcours qui ne cherche pas à retracer une histoire chronologique du soulier, mais à l’aborder sous différents angles. Objet utilitaire, accessoire de mode, objet de désir ou de contrainte, la chaussure devient tour à tour symbole, sculpture, outil de performance, marqueur social ou support de création.
 
 
PASSAGE
Le parcours commence par le vocabulaire de la chaussure. Mocassin, cuissarde, santiag, sabot, escarpin, ballerine, derby, mule, basket, sandale ou stiletto : derrière ces appellations se cachent des formes, des usages et des histoires différentes.
La chaussure est d’abord faite pour marcher. Elle accompagne le déplacement et modifie notre rapport au sol, mais elle peut aussi transformer la silhouette et la manière de se tenir. Cette fonction première constitue le point de départ d’une réflexion beaucoup plus large sur le rapport entre le pied, le corps et l’objet.
ÉVOLUTIONS
La chaussure témoigne également des cultures qui l’ont produite. Chaussures traditionnelles et créations contemporaines permettent de confronter différentes façons de protéger, contraindre ou décorer le pied.
     
 
Le parcours met en regard des pièces issues notamment de collections spécialisées avec des créations de mode. De la chaussure traditionnelle à la création contemporaine, les formes circulent, se transforment et sont parfois réinterprétées par les créateurs.
Cette dimension culturelle rappelle que la chaussure n’est jamais totalement neutre : elle peut indiquer une origine, une fonction, un statut ou appartenir à des codes sociaux précis.
FETICHE
Avec le fétichisme, la chaussure quitte définitivement le domaine du simple accessoire.
Talons aiguilles, cuir, laçages, matières brillantes ou formes provocantes ont nourri l’imaginaire de nombreux créateurs et photographes. La chaussure devient alors un objet de fascination et de désir.
La photographie de mode a largement contribué à cette transformation, notamment en faisant du soulier un véritable sujet d’image. La chaussure peut être associée à la séduction, à la domination, à la provocation ou à une forme de pouvoir.
PERFORMANCE
La chaussure est aussi un instrument conçu pour agir sur le corps.
Chaussures de danse, pointes de ballet ou chaussures de sport répondent à des contraintes extrêmement précises. Elles doivent accompagner le mouvement, améliorer la performance et parfois supporter des contraintes physiques importantes.
Mais la fonction finit elle aussi par devenir esthétique. Technologies, logos, matériaux et silhouettes transforment la chaussure sportive en objet de mode. La sneaker est ainsi passée du terrain à la rue pour devenir un élément majeur de la culture contemporaine.
La presse spécialisée relève toutefois que cette place de la sneaker reste relativement secondaire dans l’exposition, davantage centrée sur le soulier de mode, le savoir-faire et l’objet de création.
FORMES
Derrière chaque chaussure se trouve une forme qui détermine sa construction.
Le « last », ou forme de chaussure, reproduit le volume du pied et permet au bottier de définir la cambrure, la largeur, le volume et la hauteur du talon. Les formes conservées dans les archives de grandes maisons constituent ainsi une mémoire particulièrement précieuse du métier.
La chaussure apparaît ici comme le résultat d’un dialogue entre anatomie et savoir-faire : elle doit épouser le corps tout en lui imposant parfois une nouvelle silhouette.
EMPREINTES
Chaque pas laisse une trace.
Dans la terre, le sable ou la neige, l’empreinte révèle le passage d’un corps. Mais l’usure d’une semelle peut également raconter la manière dont une personne marche.
L’empreinte devient ainsi une forme de mémoire. Elle peut être un indice, une signature ou simplement la preuve matérielle d’un déplacement.
RÉSONANCE
Après la trace visuelle vient la trace sonore.
Un talon qui claque, une semelle qui crisse ou une basket qui frappe le sol produisent des sons immédiatement reconnaissables. Avant même de voir quelqu’un, il est parfois possible de savoir qu’une personne approche grâce au bruit de ses chaussures.
L’exposition transforme cette dimension quotidienne en expérience sonore et montre que la chaussure peut également se définir par ce qu’elle fait entendre.
PARURE
La chaussure participe à la construction de l’apparence.
Elle peut allonger la jambe, modifier la posture, souligner le pied ou devenir le point central d’une silhouette. Talons sculptés, broderies, perles, plumes, strass ou autres ornements font parfois du soulier une véritable pièce de joaillerie ou de sculpture.
La presse souligne cette évolution : la chaussure contemporaine est de plus en plus pensée comme un objet précieux, parfois davantage destiné à être regardé qu’à être porté.
TRANSPARENCE
La transparence introduit une dimension plus irréelle.
Du soulier de verre de Cendrillon aux créations utilisant PVC et matières translucides, elle joue sur ce qui est visible et ce qui ne l’est pas.
Le pied devient presque une partie de l’objet tandis que la chaussure semble disparaître. Entre rêve, séduction et expérimentation plastique, la transparence permet au soulier de se rapprocher du design et de la sculpture.
FIGURATION
La chaussure est également devenue une image.
Son apparition dans les magazines de mode a progressivement transformé l’accessoire en sujet à part entière. Photographie, publicité et presse spécialisée participent à la construction de son imaginaire.
La chaussure n’est alors plus seulement montrée pour être vendue ou portée : elle devient un objet graphique, photographique et culturel.
Cette évolution rejoint l’un des constats développés dans la presse : les chaussures sont aujourd’hui intimement liées à la mémoire personnelle et à l’identité. Une paire peut évoquer une époque, une personne, une expérience ou une façon de se présenter aux autres.
ÉBAUCHE
Le parcours se termine avec la jeune création.
 
Des étudiants d’ESMOD Paris ont travaillé autour du mocassin, en explorant ses formes, ses matières et ses usages pour en proposer des interprétations nouvelles.
Le Prix Printemps 2026 a été attribué à Camille Laveran pour son projet « Double Billie ». Cette ouverture vers les jeunes créateurs permet de prolonger l’histoire de la chaussure plutôt que de la considérer comme un patrimoine figé.
UNE CHAUSSURE, DES HISTOIRES
En réunissant histoire, mode, savoir-faire, photographie, performance et création contemporaine, « Pas à Pas » montre que la chaussure est bien plus qu’un accessoire.
Elle protège et contraint, accompagne le mouvement mais peut aussi le modifier. Elle séduit, provoque, signale une appartenance, raconte une époque et laisse derrière elle une trace visuelle ou sonore.
C’est aussi ce qui ressort des articles consacrés à l’exposition : derrière l’objet de mode se cache un objet profondément personnel. Une chaussure peut être liée au corps, au souvenir, au désir ou à l’identité.
L’exposition fait ainsi le choix d’un parcours thématique plutôt que d’un simple défilé de modèles célèbres. Une manière de regarder autrement un objet que l’on porte chaque jour, mais auquel on prête rarement autant d’attention.
 
Du 9 septembre au 28 octobre 2026
 
Pas à Pas – La chaussure sous tous ses angles
 
Printemps Haussmann
Coupole Wybo, 6e étage du Printemps Femme
64 boulevard Haussmann
75009 Paris
 
Entrée gratuite.
Visite audio accessible par QR code.
 
Visites guidées proposées le week-end sur inscription.
Commissarat d'exposition :Sylvie Marot et Marlène Van de Casteele
Chargée du Patrimoine Printemps Alessia Rizzo
Scénographe : Meghan Felut
Musique : Olivier Hazemann
Crédits photo : Anh Luz

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